lundi 10 janvier 2011

Baudelaire, p(r)êcheur baroque


En fouinant sur le net, ce début de Laïs déchirée:
L'Esprit qui sort du vin, & qui fait les Bacchantes,
Cét ardent ennemi des ames temperantes,
N'a pas à cette troupe inspiré la fureur,
Dont le tragique effet nous donne de l'horreur.
Ces Barbares d'ailleurs ont la teste échauffée,
Que celles qui jadis déchirerent Orfée,
Un feu plus dangereux à leurs ames s'est pris:
Un plus mauvais Genie obsede leurs espris.
Le sang noir & bruslé qui leur teint le visage,
Montre que c'est du cœur, que leur vient cette rage.
Chacune a son Demon, chacune a dans le sein,
Un serpent qui l'anime à ce cruel dessein,
Qui d'un venin sanglant nourrit sa frenesie,
Et souffle sur le feu dont son ame est saisie.
Tiré des Poésies du révérend père Le Moyne, de la Compagnie de Jésus (1650)

Pour soutenir le souvenir de la mélancolie aduste dans L'Héautontimorouménos (1857):
Ne suis-je pas un faux accord
Dans la divine symphonie,
Grâce à la vorace Ironie
Qui me secoue et qui me mord ?

Elle est dans ma voix, la criarde !
C'est tout mon sang, ce poison noir !
Et sans pousser plus loin.

Excipiunt les serpents d'ironie aduste

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